Microbiote et immunité

Nous allons dorénavant vivre avec le Covid comme avec d’autres maladies ORL, (grippe, rhinopharyngite pneumonie etc…) que l’on se fasse vacciner ou que l’on mise sur son immunité naturelle, toutes les études actuelles montrent que la nutrition et l’équilibre de notre microbiote seront un des facteurs essentielles à une réponse efficace du système immunitaire.

L’adage des médecines asiatiques qui dit que toutes maladies naît dans le système digestif serait à prendre en compte dans la situation présente.

Que ce soit pour la réponse immunitaire au vaccin pour les personnes vaccinées ou la réponse immunitaire pour les personnes atteinte du covid la micronutrition et le microbiote sont concernés.

A) En ce qui concerne la vaccination

Au niveau micronutrition

pour avoir une réponse adéquate à la vaccination et qu’elle soit efficace il faut que nous produisions suffisamment d’anticorps via les lymphocytes. Un lymphocyte bien nourri produit beaucoup d’anticorps et effectue son travail efficacement. Alors que s’il est dénutri, il va rapidement péricliter. Plus ces anticorps sont nombreux et de qualité, plus la vaccination sera efficace. La longévité des lymphocytes est directement liée au statut nutritionnel. Par ailleurs, un mauvais fonctionnement des lymphocytes constitue un risque d’auto-immunité, un phénomène étudié dans la littérature scientifique sur les réponses immunitaires individuelles.

En se vaccinant on crée une immunité adaptative, dans ce cas le zinc est nécessaire à l’amplification clonale (réplication des lymphocytes) et la vitamine D à la production des cellules T-Reg, casques bleus de l’immunité. Des carences dans ces nutriments empêchera une réponse efficace.

Au niveau microbiote

La relation entre microbiote et réponse vaccinale a été vérifié dans plusieurs études récentes. Lors d’une vaccination, le microbiote agirait à la fois comme modulateur immunologique et comme adjuvant naturel. Les liens entre microbiote et système immunitaire sont d’une importance capitale, surtout chez le nourrisson, lorsque la majorité des vaccins sont administrés. Des études sur les animaux ont montré une réponse variable en termes de quantité d’anticorps, selon l’état du microbiote. D’où l’importance de ne pas vacciner un enfant malade, qui en plus a reçu des antibiotiques, sans avis médical.

La réponse individuelle aux vaccins est particulièrement sensible à la composition et la richesse du microbiote, c’est-à-dire la diversité des familles bactériennes présentes, leur nombre et leur répartition. Chez les personnes âgées, les altérations du microbiote sont corrélées au déclin de la santé. On retrouve un microbiote appauvri, avec notamment moins de bifidobactéries et davantage d’entérobactéries, moins d’acides gras à chaîne courte (monnaie d’échange entre bactéries symbiotiques et cellules intestinales), davantage d’interleukine-6 et de TNFα, qui sont les principales cytokines pro-inflammatoires.

Une méta-analyse compilant 26 études, totalisant 3 812 participants et concernant 40 souches de probiotiques, conclut à une amélioration de la réponse au vaccin antigrippe chez les personnes âgées, habituellement mauvais répondeurs. Selon les chercheurs, les probiotiques pourraient offrir une intervention bon marché pour améliorer l’efficacité du vaccin et la durée de protection.

B) Renforcer son immunité naturelle

Au niveau micronutrition

le zinc participe au renouvellement des entérocytes (cellules de l’intestin), qui permet de faire barrière aux virus ; mais il intervient aussi dans la régulation de l’inflammation, et lors de la réponse antivirale et antibactérienne. C’est pourquoi il est important de veiller à ses apports en zinc, un nutriment pour lequel une partie de la population française présente des apports insuffisants. Le zinc participerait à la production de mucus qui aiderait à prévenir les lésions pulmonaires. Par ailleurs, le zinc est nécessaire au transport de la vitamine A, elle-même nécessaire à la biodisponibilité de la vitamine D.

la vitamine D participe à la production des peptides antimicrobiens ; elle régule la production d’interleukines pro-inflammatoires et l’activité des macrophages, afin que le système ne s’affole pas, elle régule les antioxydants, par la production de radicaux libres.

La vit D joue un rôle documenté dans le système immunitaire. Plusieurs études associent un taux insuffisant à un risque plus élevé de dépistage positif au Covid. Une méta-analyse incluant 27 études montre qu’un taux bas de vitamine D est associé à un risque accru d’hospitalisation et de mortalité. Les chercheurs ont observé une relation entre la carence en vitamine D et les formes graves de la maladie. Une autre méta-analyse, totalisant plus de 11 000 participants et couvrant toutes les tranches d’âge, montre qu’une supplémentation quotidienne ou hebdomadaire en vitamine D réduit le risque d’infection aiguë des voies respiratoires pour l’ensemble des participants.

La phycocyanine, présente dans la spiruline, fait l’objet d’études sur son possible effet inhibiteur de la réplication virale : une étude parue dans International Journal of Pharmaceutical Sciences and Research explique comment elle pourrait interagir avec le mécanisme de réplication du SARS-CoV-2, en interférant avec la protéine nsp12 nécessaire à cette réplication. Ces résultats, obtenus en laboratoire, restent à confirmer chez l’humain.

Les oméga-3 quant à eux sont importants afin de limiter l’intensité de la réponse inflammatoire. Les acides gras oméga-3 sont connus pour leur caractère anti-inflammatoire, notamment comme précurseurs des prostaglandines qui encadrent l’inflammation. Généralement utilisés pour équilibrer le terrain biologique en prévention des affections hivernales, des chercheurs étudient aussi leur intérêt pendant la phase aiguë de certaines maladies inflammatoires. Les apports alimentaires en oméga-3 dans les pays occidentaux restent souvent insuffisants ; il peut être intéressant d’augmenter ces apports en consommant davantage de produits de la mer.

Au niveau microbiote

Si le système respiratoire est la première cible du covid, d’autres organes sont également impactés. C’est en particulier le cas de l’intestin avec des symptômes gastro-intestinaux fréquents. Le SARS-CoV-2 infecte les cellules en se liant notamment à un récepteur (ACE2), que l’on retrouve au niveau du tissu pulmonaire, du cœur, du foie et de l’intestin. Ainsi, le système digestif pourrait bien être une autre porte d’entrée du virus. La présence du SARS-CoV-2 a en effet été signalée dans les échantillons de selles de personnes infectées par le virus, une donnée qui a notamment été utilisée pour suivre l’évolution de la pandémie par l’analyse des eaux usées. Dans l’intestin, l’infection déclenche une réaction inflammatoire. Fièvre, toux, fatigue et dyspnée sont les symptômes les plus courants de la Covid-19, mais des symptômes intestinaux sont présents chez une partie des patients, et semblent plus fréquents dans les formes sévères.

On note par ailleurs une modification du microbiote lors de l’infection par la Covid-19. Les Lactobacillus et Bifidobacterium, bactéries bénéfiques, semblent moins présentes chez certains patients, notamment ceux souffrant de symptômes prolongés (Covid long). C’est une piste de recherche encore à l’étude.

Le microbiote est par ailleurs impliqué dans de nombreuses maladies inflammatoires (comme le syndrome métabolique, la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique), où les bactéries pro-inflammatoires se développent au détriment des bactéries anti-inflammatoires. Quoi qu’il en soit, un microbiote équilibré favorise la bonne santé de notre système immunitaire et permet de mieux résister aux infections virales. Le mieux est ainsi de prendre soin de sa santé intestinale avec des apports alimentaires riches et variés en fruits, légumes, fibres, céréales et noix.

Le microbiote pulmonaire

Plusieurs études ont mis en évidence le rôle des colonies microbiennes et fongiques pulmonaires dans le développement d’infections respiratoires et d’allergies. La recherche a mis en évidence l’existence d’un dialogue entre microbiote intestinal et microbiote pulmonaire, qui aurait une influence sur les maladies ORL, en particulier dans l’évolution de maladies respiratoires comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’asthme et la fibrose kystique.

En 2014, des travaux ont montré que la prise de probiotiques, dont la souche Lactobacillus Brevis, était associée à une réduction de l’incidence de l’infection grippale chez les enfants d’âge scolaire. D’autres travaux ont observé, chez des personnes décédées du Covid, une diminution significative des bactéries lactobacilles et bifidobactéries associées au bon fonctionnement du système immunitaire.

Plusieurs travaux suggèrent qu’une souche courante telle que L. Rhamnosus GG pourrait renforcer les barrières intestinale et pulmonaire, réduire certains marqueurs de l’inflammation, stimuler les lymphocytes T-Reg et diminuer les cytokines pro-inflammatoires. Un autre effet étudié des probiotiques concerne le maintien de l’intégrité de la muqueuse intestinale, une des voies d’entrée du SARS-CoV-2.

L’importance du microbiote pulmonaire est telle qu’un spray nasal probiotique est une piste sérieusement étudiée, en complément des probiotiques par voie orale. Des chercheurs ont par ailleurs isolé, chez des personnes en bonne santé, des souches de lactobacilles capables de limiter la croissance de certains agents pathogènes au niveau du nasopharynx.

En résumé : des pistes concrètes pour soutenir son système immunitaire

Se constituer une bonne flore intestinale avec des aliments adaptés, et se complémenter si besoin avec des probiotiques ciblés, sur avis d’un professionnel. La diète méditerranéenne, ou assimilée, reste une façon adaptée de se nourrir.

Les légumes bio crus ou cuits à chaleur douce : le brocoli, tous les choux, la courge, le fenouil, les champignons, la betterave, la patate douce, l’artichaut, les asperges, les pois mange-tout, les endives, les salades vertes, l’ail, l’échalote, les oignons…

Les fruits : les avocats, les fruits rouges, les agrumes, les abricots, les pommes, les poires, les prunes.

Les céréales complètes : l’avoine, le sarrasin, le millet.

Les légumineuses : les lentilles, les pois cassés, les haricots blancs, rouges, noirs, les fèves.

Les oléagineux : les noix, les pistaches, les noisettes, les graines de courge, de lin, les amandes, les noix de macadamia.

Les huiles d’olive, de noix, de lin, de colza, de cameline (crues).

Les aromates et les épices : le persil, la ciboulette, le thym, le romarin, la coriandre, le gingembre, le poivre noir, la cannelle, le curcuma…

Les fromages et les laitages de chèvre, de brebis et de bufflonne.

Les petits poissons gras : sardines, maquereaux, hareng, anchois.

Les œufs coque ou mollet.

Les viandes : en manger moins, mais de meilleure qualité, en privilégiant la viande blanche et les animaux nourris à l’herbe et aux grains.

Veillez en particulier à un apport suffisant en fibres, le meilleur substrat (prébiotique) du microbiote : entre 30 et 50 g par jour, conformément aux recommandations officielles. Pensez aux aliments lactofermentés.

Limitez le gluten, l’excès de produits laitiers de vache, les métaux lourds et pesticides, la viande rouge, les gros poissons (thon, saumon…), le soja, les aliments ultra-transformés, les aliments à index glycémique élevé, et privilégiez une alimentation bio quand c’est possible.

La vaccination et le soutien de l’immunité naturelle ne s’opposent pas : une bonne nutrition et un microbiote équilibré contribuent à soutenir les défenses de l’organisme, en complément et non à la place d’un avis médical.

Microbiote et immunité en Occitanie
Champignons riches en nutriments pour le microbiote